Parasomnie

Parasomnie : causes, symptômes et options thérapeutiques

publié par Dr Simon Senner, médecin dans Sommeil sur 17/06/2024 - mis à jour à 23/06/2026
Simon Senner 2
Dr Simon Senner, médecin

Une parasomnie peut considérablement nuire à la qualité du sommeil et avoir des répercussions à long terme sur la santé. Cependant, de nombreuses personnes concernées ne se rendent souvent même pas compte qu’elles souffrent de ce type de trouble du sommeil. Dans notre article, vous découvrirez tout ce qu’il faut savoir sur les causes et les différents types de parasomnies, leurs symptômes, leur diagnostic et les options thérapeutiques.

Qu'est-ce qu'une parasomnie ?

Les parasomnies sont des formes particulières de troubles du sommeil. Elles s'accompagnent de comportements, d'émotions, de mouvements et de perceptions complexes, et surviennent soit pendant le sommeil, soit lors du passage de l'état de veille à la phase de sommeil. Les parasomnies surviennent généralement pendant les phases de sommeil profond et passent souvent inaperçues pour les personnes concernées, mais elles peuvent perturber considérablement le cycle du sommeil, ce qui entraîne de la fatigue et une baisse des performances pendant la journée.

La fréquence des parasomnies évolue au cours de la vie. Alors qu’elles touchent régulièrement environ 20 % des enfants, le nombre de personnes concernées à l’âge adulte n’est plus que d’environ 3 % selonla « Deutsche Hirnstiftung ».

La durée d’une parasomnie peut varier et dépend de différents facteurs, notamment le type de parasomnie, la situation individuelle et les éventuels facteurs déclenchants. Certains épisodes de parasomnies peuvent ne durer que quelques minutes, tandis que d’autres se prolongent ; parfois, ils ne surviennent que sporadiquement, d’autres fois de manière plus régulière.

Différents types de parasomnies

Les parasomnies sont classées en fonction des phases de sommeil au cours desquelles elles surviennent. On distingue les parasomnies NREM, les parasomnies REMet d’autres parasomnies qui ne peuvent être clairement associées à une phase de sommeil particulière :

Parasomnies NREM

Celles-ci surviennent pendant la phase de sommeil non-REM (Non-Rapid-Eye-Movement) et se produisent généralement au cours de la première moitié de la nuit. On les appelle également « troubles du réveil », car le cerveau ne se réveille pas complètement pendant ces phases, mais les personnes concernées donnent l'impression d'être éveillées. Parmi les parasomnies NREM, on trouve :

Le somnambulisme

Les personnes somnambules peuvent se lever et se déplacer pendant leur sommeil sans en avoir conscience. Elles effectuent souvent des actions complexes, comme ouvrir des portes et des fenêtres ou manger, sans s’en souvenir par la suite. Si vous êtes somnambule, veillez avant tout à sécuriser votre logement afin de ne pas vous mettre en danger pendant votre sommeil.

Somnambulisme

Terreur nocturne (pavor nocturnus)

La terreur nocturne se caractérise par un réveil brusque accompagné de cris de panique et d’un comportement angoissé. Les personnes concernées ont les yeux grands ouverts et présentent des symptômes d’angoisse évidents. Cet épisode survient généralement en début de nuit et est nettement plus fréquent chez les enfants que chez les adultes.

Terreur nocturne / angoisse nocturne (pavor nocturnus)

Somnolence nocturne

À l’instar du somnambulisme, les personnes concernées ne se réveillent que partiellement. Elles sont désorientées et confuses, mais ne quittent pas leur lit. Souvent, les personnes souffrant d’étourdissement au réveil éteignent simplement leur réveil ou ne l’entendent pas, ce qui les amène à dormir trop longtemps.

Somnolence nocturne

Parasomnies du sommeil paradoxal

Ces types de parasomnies se caractérisent par le fait qu’elles surviennent presque exclusivement pendant la seconde moitié de la nuit, ce qui s’explique par la fréquence accrue du sommeil paradoxal à ce moment-là. Les rêves de la phase paradoxale sont marqués par un certain dynamisme et une certaine intensité, et le sommeil se caractérise par des mouvements oculaires intenses. Les parasomnies du sommeil paradoxal comprennent :

Trouble du comportement pendant le sommeil paradoxal (RBD)

Les personnes atteintes de RBD présentent des mouvements ou des comportements inhabituels pendant le sommeil paradoxal, qui se caractérise normalement par une paralysie musculaire quasi totale. Cela peut les amener à faire des rêves très vivants et à commettre des actes agressifs ou violents pouvant mettre en danger leur partenaire de lit. Le RBD est très rare et touche principalement les hommes à partir de 50 ans. La communauté scientifique considère que l'apparition de ce trouble est un signe avant-coureur d'une maladie neurodégénérative telle que la maladie de Parkinson.

Trouble du comportement pendant le sommeil paradoxal (RBD)

Paralysie du sommeil

La paralysie du sommeil se caractérise par une paralysie nocturne complète du corps lors du réveil après la phase de sommeil paradoxal. À l'exception des muscles respiratoires et oculaires, cette paralysie touche l'ensemble de la musculature squelettique. Bien que ces épisodes ne durent généralement que quelques minutes et soient considérés comme bénins d'un point de vue médical, ils peuvent fortement effrayer et déstabiliser les personnes concernées.

Paralysie du sommeil

Cauchemars

Le trouble des cauchemars fait également partie des parasomnies du sommeil paradoxal. Si tout le monde est parfois en proie à un cauchemar, ceux-ci sont si intenses chez les personnes atteintes d’un trouble des cauchemars qu’ils les arrachent à leur sommeil. Les cauchemars surviennent même plusieurs fois par semaine et ont de lourdes répercussions sur la vie quotidienne et le sommeil. En effet, les personnes concernées sont en proie à la peur de s'endormir et de revivre un tel cauchemar, et elles souffrent souvent d'une mauvaise qualité de sommeil, ce qui limite également leur qualité de vie au quotidien.

Cauchemars

Autres parasomnies

Certaines parasomnies ne peuvent être clairement attribuées à aucune phase du sommeil. Parmi celles-ci figurent des états tels que :

Énurésie nocturne (pipi au lit)

Chez les enfants, l'énurésie nocturne est fréquente et se manifeste par des mictions répétées pendant le sommeil, sur lesquelles l'enfant n'a aucun contrôle volontaire.

Énurésie nocturne (pipi au lit)

Grincement des dents (bruxisme)

Le bruxisme désigne le grincement ou le serrement involontaire des dents pendant le sommeil, qui peut entraîner des troubles dentaires, des maux de tête, des acouphènes et des tensions au niveau de la mâchoire.

Grincement des dents (bruxisme)

Saccades d'endormissement

Chacun d’entre nous a sans doute déjà fait l’expérience de ces contractions musculaires qui surviennent juste avant de s’endormir. Les sursauts d’endormissement se divisent en deux catégories : visuels et auditifs. Les sursauts visuels s’accompagnent d’images telles que trébucher ou tomber, tandis que lors des sursauts auditifs, les personnes concernées perçoivent des bruits qui, en réalité, n’existent pas à ce moment-là.

Saccades d'endormissement

Parler pendant le sommeil

Le fait de parler pendant le sommeil (appelé « somniloquie » en termes scientifiques) fait également partie des parasomnies. La plupart du temps, les personnes marmonnent de manière inintelligible pendant leur sommeil, car les muscles de la parole sont fortement relâchés.

Parler pendant le sommeil

Si les différents types de parasomnies ne constituent pas en soi un danger pour la santé, ils peuvent toutefois perturber considérablement le comportement et la qualité du sommeil, et augmenter le risque de blessures ou d’autres conséquences négatives sur la santé.

Causes et facteurs de risque des parasomnies

La plupart des personnes souffrant de parasomnies ne présentent pas de troubles psychiatriques ou neurologiques. Les causes exactes des parasomnies n’ont pas encore été entièrement élucidées, mais on suppose qu’une combinaison de facteurs génétiques, neurologiques et environnementaux joue un rôle dans leur apparition. Le stress, le manque de sommeil, des habitudes de sommeil irrégulières et certains médicaments peuvent également augmenter le risque de parasomnies. Les personnes souffrant déjà d’autres troubles du sommeil, tels que l’apnée du sommeil ou le syndrome des jambes sans repos (SJSR), présentent également un risque plus élevé de développer des parasomnies.

Diagnostic

Pour diagnostiquer une parasomnie, ton médecin traitant t'orientera probablement vers un spécialiste du sommeil après une première anamnèse. La réalisation d’une polysomnographie vidéo permet d’associer les troubles comportementaux nocturnes à un stade de sommeil spécifique. Ton comportement pendant le sommeil y est enregistré dans les moindres détails. Une polysomnographie vidéo permet également d’exclure d’autres causes d’événements nocturnes pouvant présenter un risque pour la santé. Par exemple, les troubles respiratoires du sommeil ou certaines formes d’épilepsie.

Traitement médical

La nécessité d’un traitement médical d’une parasomnie dépend fortement du degré de gêne ressenti par la personne concernée et de la façon dont elle perçoit ce trouble du sommeil comme une atteinte à sa qualité de vie. En règle générale, les parasomnies ne sont pas dangereuses en elles-mêmes, mais leurs conséquences peuvent présenter des risques. C'est le cas, par exemple, des somnambules qui se blessent pendant leur sommeil ou des troubles du sommeil tels que le trouble du comportement en phase de sommeil paradoxal, dans lequel les personnes concernées gesticulent violemment et mettent ainsi en danger, par exemple, leur partenaire de lit.

Parasomnie

En règle générale (en fonction de la perception subjective de la gêne et de la gravité des symptômes) : si les parasomnies surviennent une fois par semaine ou plus souvent, les personnes concernées devraient consulter un médecin pour un bilan complet. Le traitement des parasomnies vise à éliminer les facteurs déclencheurs de ces épisodes. Cela permet également de prévenir leur apparition. Alors que chez certaines personnes, une combinaison d’une meilleure hygiène du sommeil et d’approches psychothérapeutiques (par exemple la thérapie cognitivo-comportementale), d’une meilleure gestion du stress ainsi que de l’apprentissage de techniques de relaxation suffit à apporter un soulagement, d’autres personnes concernées peuvent trouver un soulagement grâce à la prise de benzodiazépines au moment du coucher. Il s’agit du terme générique désignant les médicaments qui agissent sur le système nerveux central et sont généralement utilisés en cas d’insomnie et de troubles anxieux. Mais attention : ces médicaments peuvent entraîner une forte dépendance et ne doivent être prescrits que sous strict contrôle médical. La prise de mélatonine, l’hormone du sommeil, peut également réduire la fréquence de ces épisodes dans certains cas.

Pour trouver le traitement qui te convient, tu dois toujours consulter un médecin. Lui seul peut, après une anamnèse complète, te conseiller le traitement le mieux adapté à ton cas.

Approches thérapeutiques naturopathiques/alternatives

Si tu souffres d’une parasomnie mais que tu ne souhaites pas recourir immédiatement aux médicaments, tu peux également essayer des approches thérapeutiques naturopathiques et alternatives. Nous t’en présentons quelques-unes ci-dessous :

Relaxation
  1. Techniques de relaxation: comme de nombreuses parasomnies sont déclenchées par un excès de stress, des techniques de relaxation telles que la relaxation musculaire progressive selon Jacobson, le training autogène ou le yoga peuvent aider à réduire le stress et ainsi améliorer la qualité du sommeil.
  2. Aromathérapie: l’utilisation de certaines huiles essentielles, comme l’huile de lavande, peut avoir un effet apaisant et relaxant sur le corps, ce qui peut contribuer à une meilleure qualité de sommeil. Ces huiles peuvent être utilisées soit dans un diffuseur, soit sous forme de spray d’ambiance, soit appliquées directement sur différentes parties du corps. La mélisse, le néroli, la bergamote ou la lavande, entre autres, sont connus pour leurs vertus apaisantes.
  3. (Homéopathie): Certains remèdes homéopathiques peuvent également être utilisés pour traiter les troubles du sommeil, en fonction des symptômes individuels et de la constitution générale du patient. Par exemple, Coffea peut aider en cas de pensées trop actives avant le coucher, tandis que Nux vomica peut s’avérer utile en cas de troubles du sommeil dus au stress ou à une consommation excessive de caféine. Discutez du remède approprié et de son dosage avec un naturopathe.
  4. Phytothérapie: certaines plantes peuvent avoir un effet apaisant et favoriser le sommeil. Il s’agit notamment de la valériane, de la passiflore et du houblon, que tu peux consommer sous forme de tisanes, de teintures ou de compléments alimentaires.
  5. Alimentation et mode de vie: évitez les boissons contenant de la caféine et les repas copieux avant de vous coucher, et veillez à respecter un rythme veille-sommeil régulier. Idéalement, vous devriez vous coucher et vous lever toujours à la même heure, même le week-end, pour préserver la qualité de votre sommeil.

Une bonne gestion du sommeil peut prévenir les parasomnies

Pour maîtriser ta parasomnie, tu dois également optimiser ton environnement de sommeil. Assombris par exemple ta chambre à l’aide de stores ou de rideaux, ou utilise un masque de sommeil afin d’être exposé à la lumière le moins possible. Tu favorises ainsi la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Veille également à créer un environnement calme et essaie d’éliminer autant que possible les bruits ambiants. Comme cela n’est pas toujours possible en raison de ta situation de logement, tu peux utiliser des bouchons d’oreille pour dormir afin de bloquer les sources de bruit. Veille à ce que la température ambiante de ta chambre soit fraîche et agréable, idéalement comprise entre 16 et 18 °C. Une température trop élevée ou trop basse peut perturber le sommeil. Les appareils électroniques tels que les smartphones, les tablettes et les ordinateurs n’ont pas leur place dans la chambre. En effet, la lumière bleue qu’ils émettent peut nuire à la production de mélatonine et perturber considérablement le sommeil. Investis également dans un matelas et un oreiller adaptés afin de favoriser un sommeil réparateur. La RECOVERY BASE de BLACKROLL peut par exemple t'y aider : ce matelas s'adapte aux contours de ton corps grâce à son surmatelas à effet mémoire, assure un soulagement optimal de la pression et favorise considérablement ta récupération pendant le sommeil.

Résumé

Une parasomnie est un trouble du sommeil qui, bien qu’il puisse inquiéter les personnes concernées et avoir des répercussions négatives sur leur vie quotidienne, ne présente en soi aucun risque pour la santé dans la plupart des cas. Si vous souffrez d’une parasomnie susceptible de mettre en danger votre sécurité ou celle de votre partenaire pendant le sommeil, vous devez veiller à ce que votre environnement de sommeil soit sûr et à ce que les personnes qui partagent votre lit soient informées de votre trouble du sommeil. En fonction de la fréquence de vos épisodes de parasomnie ou de leur impact sur votre bien-être, vous devriez consulter un spécialiste du sommeil qui pourra vous examiner de manière approfondie, exclure d’autres troubles du sommeil et vous recommander un traitement adapté. De simples changements de mode de vie peuvent déjà avoir un effet positif sur les parasomnies. Il s’agit notamment d’une alimentation équilibrée, d’une bonne hygiène de sommeil, d’une bonne gestion du stress ou du soutien apporté par une thérapie cognitivo-comportementale. La prise de médicaments prescrits par un médecin offre un soutien supplémentaire. Grâce aux méthodes mentionnées, tu devrais parvenir à bien maîtriser tes symptômes et retrouver une meilleure qualité de vie.

À lire également