
Phase d'endormissement : la clé d'une nuit réparatrice

Au cours de la nuit, nous passons par plusieurs cycles de sommeil composés de différents stades qui s’alternent. La phase d’endormissement, au début du premier cycle de sommeil, revêt déjà une grande importance, car elle nous permet de passer de l’état de veille à une nuit détendue et réparatrice. Grâce à elle, la régénération cellulaire et le traitement des impressions sensorielles peuvent battre leur plein pendant les phases de sommeil suivantes, et nos réserves d’énergie peuvent se recharger.

Mieux dormir, vivre plus sainement – grâce à notre cours sur le sommeil. Remboursement pouvant aller jusqu’à 100 %.
Découvrez dès maintenant notre cours en ligne sur le sommeil
Que se passe-t-il lorsqu'on s'endort ?
La phase d'endormissement désigne la première étape du cycle du sommeil au début de la nuit, suivie de la phase de sommeil léger, de la phase de sommeil profond et de la phase paradoxale (sommeil avec rêves). La phase d'endormissement est la phase de sommeil la plus légère du cycle et dure généralement environ 20 minutes. Elle varie toutefois d'une personne à l'autre et peut survenir dès 5 minutes.
Dès le début de la journée, l’adénosine, une substance qui nous rend somnolents, est sécrétée. La concentration d’adénosine dans le cerveau augmente progressivement au cours de la journée, ce qui fait que plus nous restons éveillés, plus nous sommes fatigués. À un moment donné dans la soirée, la concentration de ces substances endogènes est si élevée que la fatigue accumulée (besoin de sommeil) nous fait nous endormir.
Alors que nous nous trouvons entre l'état de veille et le sommeil, le corps se prépare à la nuit à venir et tous les systèmes ralentissent. Pour cela, la glande pinéale produit la mélatonine, l'hormone du sommeil, qui est sécrétée dès la tombée de la nuit et régule notre horloge biologique. Ce n’est qu’au milieu de la nuit que la production de mélatonine atteint son pic, puis diminue progressivement jusqu’au réveil le matin. Au stade du sommeil léger, la respiration devient plus calme et plus superficielle, et les ondes cérébrales ralentissent, tout comme le pouls. Les muscles se relâchent également et les mouvements oculaires sont rares, voire inexistants (contrairement au sommeil paradoxal).
Comme les veines et les vaisseaux sanguins se dilatent, la température corporelle baisse, ce qui peut entraîner de légers frissons. Nous percevons encore les bruits ou les contacts lorsque nous nous endormons, de sorte que même de petites perturbations peuvent rapidement nous réveiller.
« La phase d’endormissement joue un rôle important dans notre cycle de sommeil, car elle nous ouvre la voie de l’état de veille vers une nuit détendue et réparatrice. Grâce à elle, la régénération cellulaire et le traitement des impressions sensorielles peuvent battre leur plein pendant les phases de sommeil suivantes, et nos réserves d’énergie peuvent se recharger. »
Dr Fabian Krapf, expert du sommeil


Se réveiller en sursaut en s'endormant : voici les raisons
Les secousses corporelles (appelées « myoclonies d'endormissement » en termes techniques) sont tout à fait courantes à ce stade et peuvent se manifester avec une intensité variable. Chez certaines personnes, elles provoquent un sursaut au moment de s'endormir. Elles peuvent aussi donner l'impression de tomber pendant le sommeil – mais souvent, on ne s'en rend pas vraiment compte soi-même.
Les contractions musculaires peuvent en principe se manifester sous toutes les formes et toucher soit des muscles isolés, soit des groupes musculaires entiers. Dans le cas des contractions au moment de s'endormir, les mouvements proviennent toutefois généralement des bras et des jambes.
Ces contractions et cette sensation de chute pendant le sommeil s’expliquent principalement par le fait que, à ce stade du sommeil, le corps ralentit toutes ses fonctions, y compris celles du système nerveux. Cela entraîne notamment une relâchement de la tension musculaire.
Or, comme à ce stade, toutes les parties du corps ne passent pas simultanément en mode sommeil, il peut arriver que, d’une part, les muscles reçoivent encore des impulsions motrices via les récepteurs nerveux pendant la phase d’endormissement, tandis que, d’autre part, certaines parties du cerveau se trouvent déjà en mode sommeil. Les fonctions cérébrales encore actives provoquent alors des contractions musculaires en raison des stimuli transmis.
En règle générale, ces secousses ou sursauts ne sont pas nocifs pour la santé et s’expliquent par la relaxation des muscles pendant la phase d’endormissement. Chez certaines personnes, les myoclonies d’endormissement peuvent toutefois être le signe d’une maladie. C’est notamment le cas lorsque des secousses surviennent également pendant le sommeil, au milieu de la nuit. En effet, celles-ci ne devraient pas se produire pendant les autres phases du sommeil ni en dehors de la phase d’endormissement.
Dans ce cas, cela pourrait notamment être le signe d’une maladie de Parkinson, de la maladie d’Alzheimer, d’une démence, d’une insuffisance rénale, d’un trouble métabolique ou d’une maladie hépatique. La plupart du temps, les secousses lors de l’endormissement ne sont toutefois pas les seuls symptômes de ces maladies. Si toi ou ton partenaire remarquez donc surtout une augmentation des secousses pendant la nuit, fais-toi examiner par un médecin par mesure de précaution.

Troubles de l'endormissement : causes
La plupart des gens ne s'endorment pas immédiatement chaque soir dès qu'ils se couchent. C'est tout à fait normal et sans danger. Cependant, si tu as du mal à passer de l'état de veille au sommeil soir après soir et que cela te pèse fortement, tu souffres peut-être déjà d'un trouble de l'endormissement.
On parle de trouble de l'endormissement lorsque vous rencontrez des difficultés à vous endormir pendant au moins quatre semaines d'affilée et que, malgré la fatigue, il vous faut plus de 20 minutes pour vous endormir avant d'entrer dans la phase de sommeil léger.
En général, un trouble de l'endormissement s'accompagne d'autres formes de troubles du sommeil. Il est possible que les personnes concernées ne parviennent plus à dormir d'une traite pendant la nuit, ce qui a alors un impact négatif sur le sommeil paradoxal et le sommeil profond.

6 conseils pour mieux s'endormir
Stress et pensées qui tournent en boucle :
Souvent, les pensées, les angoisses et les soucis liés à notre vie privée et professionnelle nous empêchent de trouver le repos et nous plongent dans des ruminations perturbantes qui nous empêchent de nous détendre.
Intègre donc des techniques de relaxation telles que la respiration profonde et consciente, le yoga, la relaxation musculaire progressive ou la méditation dans ta routine du soir. Elles peuvent t'aider à apaiser ton corps et ton esprit et à les préparer au sommeil, ce qui peut également avoir un impact sur la qualité de ton sommeil.- Aliments et boissons :
Certains aliments et boissons peuvent également influencer la phase d’endormissement. Parmi ceux-ci figurent l’alcool et les boissons contenant de la caféine, comme le café ou les sodas. Ces deux substances augmentent la tension artérielle et le pouls, ce qui a pour effet de nous tenir éveillés. Pour trouver le calme, évite donc de boire de l’alcool et de fumer dans les 4 à 6 heures précédant le coucher. Mais tu devrais également éviter les plats épicés (contenant par exemple du gingembre ou du piment) avant de t'endormir. Ils stimulent notre métabolisme au lieu de le ralentir.
En revanche, les aliments qui favorisent la sécrétion de mélatonine sont propices au sommeil. Il s’agit de ceux qui contiennent de l’acide aminé tryptophane. Si l’organisme en dispose en quantité suffisante, il peut produire de la mélatonine. Parmi les aliments riches en tryptophane, on trouve notamment les bananes, le cacao, les noix, le poisson et les fruits de mer, les œufs, le soja, les graines de lin, les lentilles et les flocons d’avoine.
- Lumière vive/bleue :
L’organisme ne peut sécréter la mélatonine, l’hormone du sommeil, que lorsqu’il fait sombre. Un excès de lumière dans la pièce, mais aussi l’utilisation d’appareils électroniques dans la chambre peu avant le coucher, ont un impact sur la phase d’endormissement. En effet, les tablettes, la télévision, les smartphones ou les ordinateurs portables émettent une lumière bleue qui inhibe la sécrétion de l’hormone du sommeil et nous empêche de nous sentir fatigués. Il vaut donc mieux bannir ces appareils de la chambre à coucher et veiller à créer un environnement de sommeil sombre à l’aide de stores et de rideaux occultants.
- Un environnement de sommeil défavorable :
L’environnement joue également un rôle déterminant dans l’endormissement. Il est par exemple recommandé que la température ambiante de la chambre à coucher soit d’environ 18 degrés afin de favoriser l’endormissement. Mais des sources de bruit gênantes, un matelas inconfortable ou un oreiller inadapté contribuent également à créer un environnement de sommeil défavorable. Tu peux éventuellement utiliser un oreiller à mémoire de forme. En effet, si tu te réveilles souvent la nuit à cause d’une position de sommeil inconfortable, le cycle du sommeil doit recommencer à zéro à chaque fois, en repartant de la phase d’endormissement.
Pour bénéficier d’un soutien optimal quelle que soit ta position de sommeil, et pour ne pas avoir froid ni transpirer au moment de t’endormir, le choix de ton oreiller, de ton matelas et de ta couette joue également un rôle décisif. Un matelas adapté s’adapte à la forme de ton corps et assure un soulagement optimal de la pression, tout comme ton oreiller. Une couette adaptée garantit un climat de sommeil agréable.
- Activités stimulantes avant de s'endormir :
Faire beaucoup d’exercice ou pratiquer un sport pendant la journée peut avoir un effet positif sur la phase d’endormissement. Il faut toutefois faire preuve de prudence en cas d’activité sportive le soir, car celle-ci peut te rendre alerte au lieu de te fatiguer. C’est pourquoi tu devrais réserver les activités telles que le HIIT ou le cardio, qui te permettent de te dépenser à fond, au matin ou à l’après-midi, et privilégier le soir un yoga doux ou une séance de méditation pour te détendre et apaiser ton corps et ton esprit.
- Se coucher le ventre vide :
Certes, un estomac trop plein peut également nous empêcher de nous endormir. Mais se coucher le ventre vide n’est pas non plus une bonne idée. En effet, la faim entraîne la libération de la ghréline, une hormone métabolique qui régule la sensation de faim et de satiété. Un excès de ghréline met le cerveau dans un état d’alerte. Il n’est alors plus question de s’endormir paisiblement et détendu. Un simple petit en-cas avant de se coucher (de préférence riche en tryptophane, voir ci-dessus) suffit à modérer cette hormone et à t'aider à t'endormir et à dormir toute la nuit.
La solution aux difficultés et troubles d’endormissement réside avant tout dans l’identification de la cause. Une fois celle-ci identifiée, il est possible d’améliorer durablement son sommeil. Vérifie donc si les points mentionnés ci-dessus s’appliquent à toi, puis essaie de modifier quelque peu tes routines habituelles.
Pour plus d’informations sur les erreurs courantes à éviter lors de la phase d’endormissement et sur ce qu’il faut faire lorsque celle-ci ne se déroule pas comme prévu, consulte également notre article consacré aux problèmes d’endormissement. Tu y trouveras de nombreux conseils pour faciliter la phase d’endormissement ainsi que des solutions aux difficultés courantes rencontrées lors de cette phase.

La « Power Nap », une sieste de midi efficace
Une petite sieste pendant la journée, qui rafraîchit le corps et l’esprit, fait depuis longtemps partie de la culture des pays du sud. En Espagne, on l’appelle « siesta », au Japon, la sieste s’appelle « inemuri ». Et pour cela, il n’est même pas nécessaire de s’allonger dans un lit. Même à son bureau, une petite sieste peut avoir des effets positifs.
Mais si vous profitez d’une petite sieste quotidienne, vous devez absolument régler un réveil. En effet, une sieste à midi ou dans l’après-midi peut influencer la phase d’endormissement le soir – du moins si elle dure trop longtemps.
Dans l’idéal, tu ne devrais donc dormir que 20 minutes pendant la journée. Tu évites ainsi de passer de la phase de sommeil léger au sommeil profond, ce qui t’empêcherait de profiter des effets positifs d’une telle sieste réparatrice ; au contraire, tu te sentirais d’abord fatigué et épuisé, et tu devrais remettre ta circulation en marche. De plus, dormir trop longtemps pendant la journée entraîne des difficultés à s'endormir la nuit.
En revanche, si tu disposes de plus de temps pour dormir pendant la journée, tu peux, au lieu d’une courte sieste, effectuer un cycle de sommeil complet de 90 minutes pour un repos optimal.

Résumé
Outre le sommeil profond et le sommeil paradoxal, qui a lieu pendant la phase REM, tu dois absolument accorder de l’importance à l’endormissement. En effet, la phase d’endormissement nous prépare à la nuit et détermine en fin de compte l’intensité avec laquelle nous traversons les phases de sommeil suivantes.
Si des difficultés à vous endormir vous affectent depuis plus d’un mois et qu’un changement de vos habitudes de sommeil ne vous aide pas, vous devriez envisager la possibilité d’un trouble de l’endormissement et consulter dans un premier temps votre médecin traitant.
En effet, les troubles chroniques du sommeil peuvent être traités efficacement grâce à un traitement adapté. Plus rien ne s’opposera alors à une nuit reposante.














