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Syndrome du piriforme : causes, symptômes et traitement

publié par Dr. rer. nat. Torsten Pfitzer dans Douleurs sur 28/03/2024 - mis à jour à 23/06/2026
Dr torsten pfitzer
Dr. rer. nat. Torsten Pfitzer

Si tu souffres de douleurs dans les fesses qui irradient dans les jambes et provoquent même des sensations d’engourdissement et de fourmillements, tu penses sans doute immédiatement à une hernie discale. Mais ce n’est pas toujours la cause de vos problèmes. En effet, une affection neuromusculaire appelée « syndrome du piriforme » s’accompagne de symptômes très similaires à ceux d’une hernie discale, mais qui ont une origine différente. Dans notre article, vous trouverez toutes les informations importantes sur les causes, les symptômes et les options de traitement.

Le syndrome du piriforme survient lorsque le muscle piriforme (Musculus piriformis) se raidit en raison de tensions ou d’une inflammation et exerce ainsi une pression sur le nerf sciatique. Pour comprendre les douleurs liées au syndrome du piriforme, il est donc utile d’examiner l’emplacement de ce muscle. Le muscle piriforme, en forme de poire, fait partie de la couche interne de la musculature de la hanche. Il est situé sous le grand fessier et s’étend à l’intérieur du bassin, où il relie le sacrum au fémur.
Le muscle piriforme a pour fonction de faire pivoter la cuisse vers l’extérieur, de l’étirer et de l’écarter en position debout, ainsi que de stabiliser l’articulation de la hanche en maintenant la tête fémorale dans la cavité articulaire.

Normalement, ce muscle est très souple et élastique, mais il peut se raccourcir et se durcir à la suite d’accidents, de tensions, d’inflammations, de surmenages ou de mauvaises postures. Il exerce alors une pression sur le nerf sciatique qui passe à proximité immédiate, provoquant des douleurs, des sensations d’engourdissement et des fourmillements. Ces troubles se manifestent surtout lors des mouvements et s’atténuent généralement en position allongée.

Remarque : il existe de nombreuses autres structures anatomiques autour des muscles fessiers, telles que les muscles fessiers profonds, qui peuvent comprimer le nerf sciatique. C’est pourquoi les experts préfèrent aujourd’hui utiliser le terme de « syndrome fessier profond ». Cependant, le terme « syndrome du piriforme » étant plus courant, nous continuons à l’utiliser dans notre article.

Syndrome du piriforme : symptômes

Syndrome du piriforme : symptômes

Les symptômes suivants peuvent apparaître si tu souffres du syndrome du piriforme :

  • Des douleurs dans la fesse, qui ne surviennent généralement que d'un seul côté. Outre sa localisation dans la région fessière, la douleur peut également irradier le long du trajet du nerf sciatique vers l'arrière de la cuisse.
  • Des troubles sensoriels tels que des sensations d’engourdissement et des fourmillements au niveau des fesses, de la cuisse, du mollet et de la jambe, pouvant s’étendre jusqu’à la plante du pied et aux orteils.
  • Aggravation des symptômes lors de mouvements sollicitant les muscles fessiers. C'est le cas, par exemple, lors du jogging, du vélo, de la montée d'escaliers, du fait de soulever des objets, de la station debout, des squats ou de la position assise sur une surface dure.
  • Douleurs dorsales
  • Ampleur de mouvement réduite de l’articulation de la hanche

Muscle piriforme : la nature de la douleur donne des indications sur la cause

Nous avons déjà mentionné ci-dessus certains symptômes associés au syndrome du piriforme. Les douleurs sont tout à fait caractéristiques de cette affection neuromusculaire.
Outre les douleurs au niveau des fesses et de la jambe, le syndrome du piriforme peut égalemententraîner des douleurs au niveau de la colonne lombaire. Dans le cadre du diagnostic, il faut donc toujours exclure une hernie discale lombaire, dans laquelle undisque hernié appuie sur la racine nerveuse .

Comme les symptômes du syndrome du piriforme ne peuvent pas être attribués à une « sciatique » due à des problèmes de disque intervertébral, on l’appelle également « pseudo-sciatique » en orthopédie. Seul un examen approfondi permettra d’y voir plus clair, afin que ton médecin te prescrive le traitement adapté

Syndrome du piriforme : cause

Syndrome du piriforme : cause

Outre les anciennes blessures au niveau des fesses et la pratique de sports très sollicitants, c'est surtout le fait de rester assis longtemps qui peut favoriser l'apparition d'un syndrome du piriforme. En effet, comme nous passons de longues journées au bureau à rester immobiles pendant plusieurs heures dans la même position devant l'ordinateur, cela entraîne une posture et une sollicitation très asymétriques du corps. Le muscle piriforme se raidit en raison de ce déséquilibre musculaire ; les fascias du muscle fessier ne sont pas suffisamment étirés et perdent en souplesse, ce qui entraîne des tensions et des contre-tensions s’accompagnant d’une forte pression sur les tissus. De ce fait, les tissus et le nerf sciatique ne sont plus suffisamment alimentés en oxygène et en nutriments, ce qui explique les symptômes décrits. De plus, les déchets métaboliques ne sont plus correctement éliminés. Cela peut favoriser l’apparition de processus inflammatoires autour du muscle piriforme et du nerf sciatique.

Le muscle durci exerce par ailleurs une pression sur le nerf sciatique, car celui-ci passe juste à côté du muscle piriforme, voire, chez certaines personnes, à travers celui-ci. Le nerf sciatique manque alors tout simplement d’espace, ce qui entraîne les symptômes mentionnés ci-dessus.

La douleur survient principalement lors d’un mouvement ou d’une pression directe, car cela intensifie encore l’irritation du nerf sciatique. Outre les douleurs et les troubles sensoriels, les symptômes typiques se manifestent alors par le besoin de détendre et de secouer la jambe. Une boiterie due à la limitation des mouvements de la hanche est également possible.

Syndrome du piriforme : durée

Syndrome du piriforme : durée

La durée du syndrome du piriforme peut varier considérablement et dépend de différents facteurs. Par exemple, de la gravité individuelle de la pathologie, de l'anatomie propre à chaque patient, des pathologies associées, du type de traitement et de la mise en œuvre des mesures thérapeutiques.

Dans certains cas, le syndrome du piriforme peut être aigu et ne durer que peu de temps. Il peut alors s’améliorer en quelques semaines seulement grâce à des mesures adaptées telles que la kinésithérapie, des exercices d’étirement et des médicaments anti-inflammatoires. Dans d’autres cas, cependant, le syndrome devient chronique et persiste pendant plusieurs mois.

Si tu présentes des symptômes suggérant un syndrome du piriforme, consulte donc toujours un spécialiste. En effet, un diagnostic et un traitement adaptés sont essentiels pour influencer (positivement) la durée du syndrome du piriforme. Les médecins, kinésithérapeutes et ostéopathes peuvent t'élaborer un plan de traitement personnalisé, adapté à tes besoins et à ta situation spécifiques.

Syndrome du piriforme : voici en quoi consiste le traitement

Syndrome du piriforme : voici en quoi consiste le traitement

Même si le traitement idéal du syndrome du piriforme varie d'un cas à l'autre, l'activité physique, la relaxation et les étirements font partie des mesures les plus importantes. Nous te présentons ici différentes approches thérapeutiques qui peuvent soulager les douleurs fessières :

  • Kinésithérapie et exercices ciblés
    Les exercices constituent un pilier important du traitement pour détendre le muscle tendu. Les exercices fonctionnels et de renforcement des muscles entourant le muscle piriforme peuvent également apporter un soutien. Un kinésithérapeute te montrera en outre des exercices visant à améliorer la fonction musculaire générale et la posture.

    En plus de la kinésithérapie, tu peux également agir par toi-même en suivant deux à quatre fois par semaine le programme interactif de BLACKROLL contre les douleurs sciatiques. Il comprend des exercices d’étirement, un guide d’auto-massage myofascial ainsi que des exercices d’activation et de renforcement. Pour effectuer tous ces exercices en douceur et sans douleur, nous te recommandons d’utiliser le rouleau fascial MED de BLACKROLL. Grâce à sa dureté réduite, tu peux l’utiliser même si tu es généralement très sensible à la douleur ou à des fins thérapeutiques si tu souffres déjà.
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Étirement du muscle piriforme : 6 exercices contre la douleur

  • Thérapie manuelle
    En plus d’exercices ciblés, les kinésithérapeutes et les ostéopathes ont recours à des techniques manuelles telles que les massages et les mobilisations afin de détendre la musculature et d’améliorer la mobilité. Les ostéopathes, par exemple, adoptent une approche holistique et peuvent déterminer si le syndrome du piriforme s’est éventuellement développé de manière secondaire en raison d’un déséquilibre fonctionnel du bassin.
  • Thérapie par la chaleur et le froid
    L'application de chaleur (par exemple, l'application de compresses chaudes) et de froid (par exemple, des poches de glace) peut aider à soulager les tensions musculaires et à réduire la douleur. Essaie de déterminer ce qui te fait le plus de bien dans ta situation.
  • Médicaments anti-inflammatoires et myorelaxants
    En cas d’inflammation et de douleurs intenses, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent apporter un soulagement. Il s’agit par exemple des analgésiques tels que l’ibuprofène ou le diclofénac. Pour réduire la tension musculaire et, par conséquent, la douleur, tu peux également te faire prescrire à court terme des myorelaxants, c’est-à-dire des médicaments qui détendent les muscles. Note bien que cela ne traite pas la cause et que ces médicaments ne doivent être utilisés que de manière temporaire. Par exemple, pour te permettre de reprendre l’activité physique.
  • Injections
    Des injections locales de médicaments anti-inflammatoires (cortisone associée à un anesthésique local) ou de médicaments relaxants (Botox) directement dans le muscle piriforme peuvent réduire de manière ciblée la douleur et l’inflammation. Demande-toi toutefois toujours, ou demande à ton praticien, pourquoi ce problème est apparu et traite-en la cause afin de rester sans douleur à long terme.
  • Thérapie par ondes de choc
    La thérapie par ondes de choc, ou ESWT, fait également partie des options de traitement non invasives. L’orthopédiste ou le kinésithérapeute utilise pour cela une sonde qui émet, à intervalles rapprochés, des ondes de choc sonores de haute énergie d’une durée de quelques millisecondes. Celles-ci traversent la peau, stimulent les cellules et les tissus, favorisent la circulation sanguine et réduisent l’inflammation. En ce qui concerne le traitement de la cause, le principe est le même que pour les injections et les médicaments.
Adaptations ergonomiques et rééducation posturale
  • Adaptations ergonomiques et exercices posturaux
    Pour réduire la pression exercée sur le muscle piriforme et prévenir les douleurs à la source, tu dois améliorer ta posture générale et aménager ton poste de travail de manière ergonomique. Cela passe notamment par l’utilisation d’un bureau réglable en hauteur et le réglage de la bonne hauteur d’assise. Si tu passes beaucoup de temps en voiture, il est utile d’optimiser la position du siège et d’y placer temporairement un coussin. De même, faire régulièrement des pauses pour bouger lors de longs trajets fait des merveilles.
  • Gestion du poids
    Le surpoids peut également exercer une pression sur le muscle piriforme. Une perte de poids saine peut réduire cette pression. Si tu n'arrives pas à modifier ton alimentation tout seul, demande l'aide d'un nutritionniste.
  • Acupuncture
    La médecine chinoise repose sur l'idée que l'énergie produite par chaque cellule circule dans tout le corps. En cas de blocage dans l'organisme, cette énergie ne peut plus circuler. Pour lever ce blocage, l'acupuncture consiste à insérer de fines aiguilles à des endroits précis du corps, ce qui permet également de soulager la douleur causée par le syndrome du piriforme.
  • Intervention chirurgicale
    En premier lieu, le syndrome du piriforme doit toujours être traité de manière conservatrice. Toutefois, en cas de forme grave et si les mesures conservatrices ne produisent aucun effet, une intervention chirurgicale peut être envisagée afin de libérer les structures tissulaires qui exercent une compression et de réduire ainsi la pression sur le nerf sciatique.
Syndrome du piriforme : quand devient-il chronique ?

Syndrome du piriforme : quand devient-il chronique ?

Tu as l'impression que ton syndrome du piriforme ne disparaît pas ? Dans certaines circonstances, le syndrome du piriforme peut effectivement devenir chronique. C'est le cas, par exemple, lorsque les causes sous-jacentes, telles que les tensions musculaires ou les blessures, ne sont pas traitées efficacement et à la source, ou lorsque le syndrome n'est pas diagnostiqué à temps. Si le traitement est alors mis en place tardivement, les symptômes peuvent s'aggraver. De même, si les patients ne suivent pas le traitement prescrit, l'affection peut persister.

Cependant, chaque cas est différent et le syndrome du piriforme ne devient pas systématiquement chronique. En cas de symptômes, consulte toujours un médecin ou un spécialiste afin d'obtenir un diagnostic précis et un traitement adapté.

Syndrome du piriforme : ces examens permettent de le diagnostiquer

Syndrome du piriforme : voici les examens permettant de le diagnostiquer

Si vous avez consulté un spécialiste en raison de vos douleurs, celui-ci vous posera d’abord des questions sur vos antécédents médicaux et vos symptômes actuels. À noter que les examens d’imagerie tels que l’IRM, la radiographie ou l’échographie ne sont pas réalisés en cas de suspicion de syndrome du piriforme. Les tests musculaires cliniques sont bien plus efficaces pour établir un diagnostic, car ils permettent de distinguer le syndrome du piriforme d’autres causes présentant des symptômes similaires.

Parmi les tests susceptibles de confirmer la présence du syndrome du piriforme, on trouve notamment le test de Laseguè, le test FAIR et le test de Pace.

Pour le test de Laseguè, tu t'allonges à plat sur le dos. Le médecin prend alors la jambe du côté douloureux et l'étire vers le haut à environ 70°. Si ce mouvement provoque une douleur, cela peut indiquer une irritation du nerf sciatique. Toutefois, ce test peut également s'avérer positif en cas de hernie discale.

Pour le test de Pace, vous vous asseyez sur une table d’examen ou une chaise et laissez pendre vos jambes. Dans cette position, le médecin appuie alors de l’extérieur avec sa main sur vos genoux, tandis que vous écartez les jambes. Cela provoque-t-il une douleur ? Dans ce cas, il pourrait s’agir d’un syndrome du piriforme.

Le test FAIR est lui aussi important et fiable pour diagnostiquer ou exclure un syndrome du piriforme. L’acronyme FAIR désigne les mouvements qui composent l’examen. À savoir : flexion(plier la jambe),adduction(ramener le membre vers le centre du corps) et rotation interne (rotation du membre vers l’intérieur). Le test FAIR ne permet certes pas de prouver à 100 % que les douleurs sont dues au syndrome du piriforme. Il fournit toutefois un indice très important pour le diagnostic de ce syndrome.

Pour réaliser ce test, les patients sont allongés sur le côté sain, la jambe inférieure étant tendue et le haut du corps reposant aussi à plat que possible sur la table d’examen. La jambe du côté douloureux estfléchie au niveau du genou et ramenée vers le corps. La flexion au niveau de l’articulation de la hanchedoit alors être d’environ 60°. La même jambe est ensuite ramenée vers le corps au niveau de l’articulation de la hanche tout en étant tournée vers l’intérieur. Cela provoque un étirement du muscle piriforme, la jambe supérieure étant poussée vers le bas en direction de la table d’examen.

Le test FAIR est considéré comme positif si une douleur au niveau des fesses survient pendant l’examen.

Conclusion

Le syndrome du piriforme peut survenir lorsque le muscle piriforme irrite ou comprime le nerf sciatique, ou encore lorsqu’il perturbe le métabolisme. Ce syndrome a différentes causes, parmi lesquelles des variations anatomiques, des inflammations, des tensions musculaires dues à une sollicitation excessive et des blessures. Les symptômes peuvent aller de douleurs au niveau des fesses et du bas du dos à des sensations d’engourdissement et de fourmillements dans la jambe.

Le diagnostic du syndrome du piriforme nécessite un examen approfondi par un médecin ou un thérapeute, qui peut recourir à différentes méthodes diagnostiques. Les options thérapeutiques vont des mesures de kinésithérapie, des exercices d’étirement et de renforcement, au traitement médicamenteux et (dans de rares cas) même à des interventions chirurgicales.

Un diagnostic précoce et une stratégie thérapeutique adaptée individuellement aux symptômes et aux caractéristiques physiques du patient sont essentiels pour soulager les symptômes et prévenir une éventuelle évolution vers une forme chronique. Les personnes concernées devraient donc toujours consulter un orthopédiste, un kinésithérapeute ou un ostéopathe en cas de problèmes.

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