Que sont les fascias ? Une explication simple et compréhensible.

publié dans Fascia 28 janvier 2021

Vous avez sans doute déjà entendu parler des fascias, ce fascinant tissu conjonctif. Ils sont aujourd’hui devenus un sujet d’intérêt. Mais vous ne comprenez toujours pas bien comment est constitué ce tissu et quelles fonctions importantes il remplit ? Nous allons tâcher de vous expliquer d’une manière simple et compréhensible cette fascination pour les fascias.

Une chose est sûre : les fascias jouent un rôle important pour votre santé et votre bien-être. Ils relient toutes les structures entre elles et forment un immense réseau qui s’étend sur tout le corps, de la surface à la profondeur. Ils maintiennent ainsi votre corps et tous les organes en place. Selon le célèbre chercheur spécialiste des fascias, Robert Schleip, chez l’être humain les fascias représentent un poids moyen de 18 à 23 kilogrammes.

01. La naissance de l’intérêt pour les fascias

Pendant longtemps, la science et la médecine n’accordaient pas beaucoup d’attention aux fascias. Ils étaient considérés comme un tissu sans importance enveloppant le corps. Seules quelques formes de thérapie naturopathiques, comme l'ostéopathie, tiraient profit des fascias pour les succès de leurs traitements, sans en connaître toutefois la structure exacte. La plupart des études anatomiques excluaient tout simplement les fascias pour se pencher sur les organes profonds, os, nerfs et vaisseaux, jugés plus intéressants à l’époque.

Les choses ont changé il y a quelques années. Les scientifiques ont montré un intérêt accru pour les fascias et pris conscience de leur importance. En 2007 a eu lieu le premier « Fascia Research Congress », à Boston, au cours duquel des experts du monde entier échangèrent pour la première fois sur leurs découvertes. Robert Schleip est l’un des grands spécialistes des fascias en Allemagne.

Même si les fascias n’ont pas encore fait l’objet de recherches approfondies jusqu’à ce jour, ils sont maintenant considérés comme une structure essentielle du corps. Ils assurent de multiples fonctions et peuvent être à l’origine de douleurs et de troubles fonctionnels.

02. Les fascias expliqués simplement

Le mot fascia est dérivé du latin « fascia », qui se traduit par bande, bandelette, bandage ou ruban.

Les fascias s’étendent dans tout le corps humain jusqu’en profondeur. Ils forment un réseau tridimensionnel solide aux mailles serrées qui enveloppe et relie toutes les structures du corps. Tous les fascias sont ainsi reliés entre eux d’une certaine manière.

Les fascias stabilisent ainsi le centre de gravité du corps dans les postures statiques et dynamiques – que ce soit en position debout, assise ou couchée. Ils maintiennent le corps et tous les organes en place.

Illustration : Le modèle de tenségrité

On peut l’expliquer grâce au modèle de tenségrité issu de l’architecture. Dans ce modèle, des éléments solides sont maintenus ensemble et stabilisés par le seul équilibre de forces de tension. Dans l’exemple du corps, les os sont les éléments solides qui « flottent » quasiment dans le réseau des fascias sous tension.

Illustration : Coupe d’un pamplemousse

Dans un morceau de viande cru, les fascias sont les peaux blanches qui l'entourent et le traversent. Chez les plantes, comme les oranges et les pamplemousses, on les reconnaît de la même façon. Là aussi, des peaux se forment et divisent la chair du fruit.

03. Les fascias – un tissu conjonctif particulier

L’anatomie des fascias est similaire à celle d’autres tissus conjonctifs. Les fascias se composent essentiellement de cellules et de ce qui les entoure, la matrice extracellulaire. Dans son état physiologique, la matrice extracellulaire fixe beaucoup de liquide, ce qui est très important pour sa fonction principale au niveau du muscle, la mobilité. Le tissu musculaire reste ainsi souple et les différentes fibres musculaires peuvent glisser facilement les unes contre les autres.

Le fascia se compose principalement de deux types de protéines : les fibres de collagène ont une épaisseur de 2 à 20 µm et confèrent au tissu une grande résistance à la traction. Elles ne s’étirent pratiquement pas. Les fibres élastiques me mesurent, quant à elles, que 2 µm d’épaisseur et sont très extensibles, pouvant atteindre jusqu’à deux fois leur longueur. Selon la composition, le tissu des fascias est ainsi plus stable ou plus élastique.

L'ensemble du fascia peut atteindre une épaisseur de 3 millimètres, par exemple le fascia thoracolumbalis dans la région lombaire ou tractus iliotibialis sur la face externe de la cuisse. Ce dernier est une sorte de renforcement du fascia latéral de la cuisse, le fascia lata.

04. Les 3 couches des fascias

Les fascias du corps sont divisés en trois couches – superficielle, profonde et viscérale.

La couche superficielle

La couche superficielle se trouve directement sous la peau et se compose d’un réseau dense de fibres élastiques. Elle est ainsi très extensible, selon les besoins, par exemple en cas de prise de poids ou pendant la grossesse. La couche superficielle entoure tout le corps et assure ainsi le rôle d’une sorte de « système de communication ». Elle est traversée par des vaisseaux lymphatiques et sanguins, ainsi que des voies nerveuses et des glandes. Elle possède également une fonction de tampon et d’amortissement.

La couche profonde

La couche profonde des fascias entoure et traverse des muscles, des tendons, des ligaments, des os, des articulations, des voies nerveuses et des vaisseaux sanguins. Elle est très riche en fibres collagènes. Cela signifie que, comparée à la couche superficielle, elle est particulièrement résistante à la traction et peu élastique.

Les différents fascias, tels que les muscles, ont des noms distincts :

  • Epimysium : enveloppe l’ensemble des muscles
  • Perimysium : entoure les faisceaux musculaires
  • Endomysium : entoure chaque fibre musculaire

La couche profonde possède de nombreux récepteurs sensoriels spécialisés. Beaucoup plus, par exemple, que les muscles. Cela fait du réseau des fascias l’organe sensoriel le plus important du corps humain.

Architecture du muscle avec epimysium, perimysium et endomysium

La couche viscérale

La couche viscérale sert à la suspension et à l’encastrement des organes internes. Tout comme la couche profonde, elle est moins extensible que la couche superficielle, car pour stabiliser les organes sa tension doit rester pratiquement constante. La couche viscérale entoure, par exemple, le cerveau et la moelle épinière avec les méninges, le cœur avec le péricarde et les poumons avec la plèvre.

Schéma anatomique des trois couches de fascias

06. Les fascias comme organe sensoriel

Les fascias contiennent un nombre extrêmement élevé de récepteurs qui reçoivent différentes informations et les transmettent au système nerveux central. Avant cette prise de conscience, la peau était considérée comme le plus grand organe sensoriel de l'homme. Les experts attribuent aujourd’hui ce rôle au réseau des fascias.

Les différents récepteurs portent des noms distincts en fonction de leur spécialisation :

  • Nocicepteurs : ils enregistrent les dommages potentiels ou réels des tissus. En fonction de plusieurs facteurs, lorsqu’ils sont activés, la douleur est perçue par le cerveau.
  • Propriocepteurs : ils aident à percevoir et coordonner des positions et des mouvements conscients et inconscients du corps.
  • Mécanorécepteurs : Par leur intermédiaire, on perçoit, par exemple, des stimuli de pression, de traction et de vibration.
  • Chimiorécepteurs : ils détectent les changements de milieu chimique, comme c'est par exemple le cas lors d’inflammations.
  • Thermorécepteurs : ils permettent de détecter tout changement de température dans le tissu.

Les fascias auraient une fonction de mémoire émotionnelle. Cela signifie qu'ils peuvent stocker des expériences – et la douleur en fait également partie. Les fascias peuvent ainsi se raccourcir et se coller.

07. Les fascias – comme les muscles

Tout comme un muscle, les fascias de la couche profonde se contractent activement. Ils peuvent assurer cette fonction spéciale grâce à de petites cellules étoilées, les myofibroblastes.

C’est entre autres important pour maintenir durablement la stabilité du corps. Si cette augmentation de la tension est toutefois constante sur plusieurs jours à plusieurs mois, cela peut entraîner une modification du tissu des fascias. D’une manière générale, il peut devenir plus rigide et influer considérablement sur la mobilité des articulations. Un stress mental continuel, un surmenage permanent ou l’alimentation peuvent en être, par exemple, à l’origine.

Faszien real

08. Les fascias – comme les tendons

Comme les tendons, les fascias ont pour fonction de stocker et de libérer l'énergie à court terme. Strictement parlant, les tendons font même aujourd’hui partie des fascias. Ils agissent comme un système de ressorts qui aide à effectuer certaines activités, comme le saut et le sprint, de manière plus efficace, c'est-à-dire en demandant moins d'effort aux muscles. Chez les kangourous, cela signifie, par exemple, qu'ils peuvent sauter plus haut et plus loin que ne le permettraient leurs seuls muscles. Les fascias participent, en outre, à la transmission de la force des muscles aux os.

Livraison gratuite à partir de 25 € Livraison gratuite à partir de 25 €
Retour prolongé de 90 jours Retour prolongé de 90 jours
Plus d'un million de clients conquis Plus d'un million de clients conquis