
Syndrome des phases de sommeil : aperçu, symptômes et options thérapeutiques

Même si le syndrome des phases du sommeil fait partie des troubles du sommeil plutôt rares, les personnes concernées peuvent beaucoup souffrir de ses effets. Nous allons vous expliquer ci-dessous si vous en faites peut-être partie et comment vous pouvez apprendre à mieux gérer ces symptômes.

Aperçu du syndrome des phases de sommeil
Le syndrome des phases de sommeil désigne un trouble chronique du rythme circadien, dans lequel l'horloge biologique d'une personne est déréglée. Les rythmes circadiens sont des variations régulières des états mentaux et physiques, qui suivent généralement un cycle de 24 heures. Ces rythmes sont à leur tour contrôlés par une zone du cerveau influencée par la lumière. Lorsque la lumière pénètre dans l’œil, elle stimule les cellules situées au fond de l’œil, qui envoient alors des impulsions nerveuses vers cette zone. Ces impulsions signalent à leur tour au cerveau d’arrêter la production de mélatonine, l’hormone favorisant le sommeil.
Il est tout à fait normal que les heures de sommeil et d’éveil varient d’une personne à l’autre. Cela peut toutefois devenir problématique lorsque ces phases de sommeil s’écartent parfois complètement de la norme, comme c’est le cas dans le syndrome des phases de sommeil.
Le syndrome de déphasage du sommeil se subdivise en :
- le syndrome de retard de phase du sommeil (Delayed Sleep-Phase Syndrome = DSPS) et
- le syndrome de phase de sommeil avancée (Advanced Sleep-Phase Syndrome = ASPS).
Les personnes souffrant du syndrome de retard de phase du sommeil voient leurs horaires de sommeil décalés. Les personnes concernées ne parviennent pas à s’endormir aux heures normales exigées par la société (et, en raison de leur coucher tardif, ne se réveillent pas non plus suffisamment tôt), même si elles le souhaitent. Il leur est donc difficile d’adapter leur emploi du temps aux horaires quotidiens de l’école ou du travail, ce qui peut avoir des répercussions considérables sur leur vie quotidienne, leurs performances professionnelles et leurs activités sociales. C’est surtout chez les adolescents et les jeunes adultes que le syndrome de retard de la phase du sommeil (DSPS) se manifeste sous une forme prononcée jusqu’à l’âge de 21 ans. Les troubles du rythme veille-sommeil sont également plus fréquents chez les jeunes adolescents qui souffrent en même temps de syndromes tels que le TDAH et les troubles du spectre autistique.
Dans le cas du syndrome de phase de sommeil avancée (ASPS), en revanche, les personnes concernées s'endorment beaucoup trop tôt, se réveillent donc très tôt et ne parviennent plus à se rendormir. Contrairement au DSPS, l'ASPS touche plutôt les personnes d'âge moyen.
Le syndrome de phase de sommeil avancée fait partie des troubles du rythme circadien veille-sommeil et est très rare.

Causes du syndrome de décalage de la phase de sommeil
Les scientifiques partent du principe que, en cas de syndrome de déphasage du sommeil, l'horloge biologique interne de l'organisme, qui régule le rythme veille-sommeil, est déséquilibrée et fonctionne, pour ainsi dire, de manière asynchrone. Parmi les causes possibles, on peut citer :
- le travail posté
- le décalage horaire dû à un voyage au loin
- un mauvais rythme de sommeil, qui se traduit par des horaires irréguliers de lever et de coucher
- une alitement prolongé
- des facteurs génétiques

Symptômes du syndrome de déphasage du sommeil
As-tu des difficultés à t'endormir ? As-tu du mal à te lever et te sens-tu épuisé(e) toute la journée ? Alors cela pourrait être (parmi de nombreuses autres causes possibles) des symptômes du syndrome de déphasage du sommeil. Bien qu'ils puissent varier d'une personne à l'autre, ils comprennent généralement :
- Des difficultés à s'endormir et à se réveiller : les personnes souffrant du syndrome de décalage du rythme circadien (DSPS) ont souvent du mal à s'endormir tôt le soir, même lorsqu'elles sont fatiguées. Et même après avoir dormi suffisamment, elles ont du mal à se réveiller tôt le matin.
- Fatigue et épuisement: comme elles s’endorment trop tard et ne dorment donc souvent pas suffisamment, les personnes atteintes de DSPS peuvent ressentir de la fatigue, de la somnolence et de l’épuisement pendant la journée. Il leur est parfois très difficile de mener une vie quotidienne bien réglée et elles se sentent dépassées, car leurs périodes de productivité diffèrent considérablement de celles de la population générale.
- Problèmes liés au rythme circadien : en raison de l’endormissement tardif, il est difficile de concilier le rythme veille-sommeil avec les exigences de la vie quotidienne. Il n’est donc pas rare que le DSPS ou l’ASPS entraîne chez les personnes concernées des conflits avec les horaires de travail, les horaires scolaires ou les obligations sociales. En revanche, les personnes atteintes d’ASPS qui se sentent fatiguées très tôt et se lèvent donc très tôt le matin rencontrent surtout des difficultés lorsqu’elles doivent travailler le soir ou qu’elles souhaitent honorer des engagements sociaux en soirée.
- Difficultés de concentration et de fonctionnement cognitif : le manque de sommeil peut altérer les performances cognitives et entraîner des problèmes de mémoire, d’attention et de prise de décision.
À noter : le fait que l’horloge biologique ne fonctionne pas de la même manière chez tout le monde est tout à fait normal et ne constitue en aucun cas un signe de trouble du sommeil. Ainsi, certaines personnes font partie des lève-tôt (chronotype « alouette ») tandis que d’autres sont qualifiées de « chouettes », car elles aiment se coucher tard et préfèrent dormir longtemps. La différence essentielle entre les personnes ayant un rythme de sommeil normal et celles souffrant de troubles du rythme circadien réside dans le contrôle qu’elles exercent sur l’heure à laquelle elles s’endorment et se réveillent. En effet, alors que les « alouettes » peuvent parfois passer la nuit à veiller et que les « hiboux » peuvent se lever tôt s’ils y sont contraints, les personnes atteintes du syndrome des phases de sommeil ne peuvent pas contrôler l’heure à laquelle elles s’endorment ou se réveillent.

Diagnostic et examens
Pour diagnostiquer le syndrome de déphasage du sommeil, tu peux t’adresser soit à un médecin généraliste, soit à un spécialiste du sommeil. Comme il n’existe pas de tests diagnostiques, le médecin t’interrogera généralement sur tes symptômes dans le cadre d’une anamnèse et recueillera des informations sur tes habitudes de sommeil et ton emploi du temps quotidien . Un journal du sommeil, dans lequel les personnes concernées notent leurs heures d’endormissement et de réveil ainsi que la qualité de leur sommeil, est particulièrement utile à cet effet. Cela permet au médecin de détecter certains schémas et anomalies dans le rythme veille-sommeil. Il devra également écarter d’autres causes possibles de vos troubles du sommeil. À cette fin, il peut s’avérer utile de réaliser une polysomnographie dans un laboratoire du sommeil, au cours de laquelle différentes fonctions corporelles sont surveillées pendant le sommeil puis analysées par la suite.
Une fois le diagnostic posé, le médecin recommandera des options thérapeutiques adaptées aux besoins et aux symptômes individuels du patient.

Options thérapeutiques
Pour la plupart des personnes, l'objectif du traitement consiste généralement à réorganiser les phases de sommeil afin de les réadapter au rythme circadien normal de 24 heures.
D'autres personnes concernées, quant à elles, adaptent leur emploi du temps quotidien à leur propre rythme circadien afin de mieux gérer le syndrome des phases de sommeil dans leur vie professionnelle et recherchent un emploi leur permettant de gérer librement leur temps.
La chronothérapie et la luminothérapie sont généralement utilisées pour traiter le syndrome des phases de sommeil. La luminothérapie peut également être utilisée, sous une forme adaptée, dans le traitement de la dépression saisonnière.
La chronothérapie vise à ramener progressivement la personne concernée à un rythme jour-nuit normal, en réajustant une horloge chronobiologique déréglée. Une méthode courante de cette approche est la thérapie dite « Sleep-Phase-Advance », dans laquelle l’heure du coucher est avancée étape par étape à l’aide d’un plan thérapeutique progressif, afin de rétablir le rythme normal.
Cette approche thérapeutique peut être complétée par une luminothérapie que les personnes concernées pratiquent le matin. La luminothérapie vise à simuler la lumière du soleil et à influencer ainsi la sécrétion d’hormones dans l’organisme. Immédiatement après le réveil, les personnes concernées s’assoient pendant environ 30 minutes devant une lampe à lumière du jour d’une intensité pouvant atteindre 10 000 lux. Cela correspond à peu près à une journée ensoleillée mais nuageuse. L’heure est avancée progressivement chaque jour jusqu’à ce que le rythme s’aligne sur un rythme veille-sommeil normal. Au bout de trois à sept jours, le nouveau rythme devrait déjà s’être stabilisé.
Si la souffrance des personnes concernées est très importante, un traitement médicamenteux peut également être envisagé. Par exemple, la prise de produits contenant de la mélatonine. La mélatonine favorise le sommeil et peut réguler le cycle veille-sommeil. L’utilisation de la mélatonine est certes controversée, mais comme elle n’entraîne que peu d’effets secondaires, tels que des maux de tête, des vertiges ou des nausées, sa prise à faibles doses est considérée comme sans danger.
Certains antidépresseurs, à faible dose, peuvent également réduire l’insomnie et empêcher les personnes concernées de se réveiller trop tôt le matin. Afin d’éviter tout effet indésirable, ces médicaments ne doivent être pris à des fins thérapeutiques que dans de rares cas.
Remarque: les somnifères ou tranquillisants classiques, habituellement utilisés en cas d’insomnie, n’ont aucun effet, voire un effet néfaste, sur la modification du rythme veille-sommeil.

Conseils pour améliorer le sommeil
En fonction de l'intensité des symptômes, il suffit souvent à certaines personnes d'améliorer leur hygiène de sommeil. Cela comprend notamment :
- Se coucher et se lever si possible tous les jours à la même heure
- Ne plus rien manger ni boire quelques heures avant d’aller se coucher
- Ne pas se coucher en ayant faim
- Ne pas consommer d’alcool, de nicotine ni de boissons contenant de la caféine avant de se coucher
- Ne pas faire de sieste l’après-midi ou entre les repas pendant plus de 30 minutes, afin de maintenir le besoin de sommeil le soir
- Ne pas rester au lit plus longtemps que nécessaire le matin
- Ne pas pratiquer de sport intense après 19 heures ; privilégier plutôt le yoga ou la méditation
- Créer un environnement de sommeil agréable, par exemple avec un oreiller ou un matelas qui épouse la forme de votre corps
- Éviter les lumières vives en cas de réveil nocturne














