La fasciathérapie – de quoi s'agit-il?

publié dans Fascia 3 février 2021

Au cours des dernières années, la recherche dans le domaine des fascias a beaucoup progressé. On comprend de plus en plus l'effet des différentes formes de thérapie du traitement des fascias, souvent difficile à expliquer. On ne peut plus aujourd'hui évoquer un simple effet placebo, même avec les formes douces de la fasciathérapie. Nombre des effets de la fasciathérapie ont été prouvés entre-temps. Nous présentons ici des formes de thérapie fréquemment utilisées et incluant destraitements des fascias.

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L'ostéopathie

De nombreuses fasciathérapies se basent sur les idées de l'ostéopathie. Cette méthode globale, essentiellement douce, a été développée par l'Américain Andrew Taylor Still dès le 19e siècle. En ostéopathie, le thérapeute utilise ses mains pour détecter et remédier à des malpositions osseuses, des tensions tissulaires ainsi que des troubles organiques et neurologiques. Il rétablit ainsi l'équilibre global de l'organisme, afin que les forces du corps puissent de nouveau circuler librement. Ce "nouveau départ" permet de déclencher l'autorégulation du corps. L'ostéopathie intervient dans trois domaines majeurs :

L'ostéopathie pariétale

L'ostéopathie pariétale s'intéresse particulièrement aux os, articulations, muscles et fascias. Les techniques employées visent à soulager les douleurs, corriger les malpositions et réguler les tensions tissulaires.

L'ostéopathie craniosacrale

L'ostéopathie craniosacrale s'intéresse surtout à la connexion entre le crâne (cranium) et le sacrum, en passant par la colonne vertébrale. La zone craniosacrale comprend le système nerveux central, c'est-à-dire le cerveau et la moelle épinière, entourés de membranes contenant un système hydraulique soumis à de tout petits mouvements de pompage rythmiques. Ce rythme craniosacral, très important, est également appelé respiration primaire. Une analyse statistique montre que 85 % des dysfonctionnements physiques auraient un lien avec le système craniosacral. Ceci explique pourquoi une thérapie craniosacrale peut s'avérer utile pour de nombreuses maladies - et pas seulement de l'appareil locomoteur.

L'ostéopathie viscérale

L'ostéopathie viscérale se consacre aux organes internes et à leur emplacement, mobilité et fonction. Elle prend également en compte les suspensions fasciales des organes et leurs connexions avec d'autres structures.

Cette division vise uniquement à faciliter la compréhension. En tant que thérapie globale, l'ostéopathie s'intéresse simultanément à ces trois systèmes - pariétal, craniosacral et viscéral - qu'elle considère comme un système d'interactions complexes.

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Le Rolfing

"Les fascias sont l'organe de la posture..."

Ida Rolf (1896-1979)

Le Rolfing est une autre thérapie fasciale. Elle vise à obtenir un alignement statique du corps beaucoup plus proche de la verticale en agissant sur les fascias musculaires, qui relient l'ensemble du corps comme un réseau. Il s'agit pour cela d'analyser d'abord la posture en position debout et de marche. S'ensuit un travail en profondeur sur le tissu conjonctif, pour lequel le Rolfer tire parti des propriétés plastiques des fascias. Avec une pression lente et douce des mains et des coudes, le Rolfer libère et détend les fascias qui empêchent le corps de se redresser complètement. Le patient est ensuite invité à soutenir le traitement grâce à des mouvements spécifiques. Une séance de thérapie se termine généralement par des exercices de posture et de perception du corps correspondant au thème de la séance. Les résultats visés sont une posture détendue, des mouvements plus fluides et une meilleure perception du corps.

10 séances sont préconisées pour travailler l'ensemble du corps dans un ordre défini.

1. Séance : respiration

2. Séance : pieds

3. Séance : ligne médiane

4. Séance : chevilles, jambes, plancher pelvien

5. Séance : bassin 1

6. Séance : bassin 2

7. Séance : tête et épaules

Séances 8 à 10 : intégration

Les trois premières séances visent les couches superficielles des fascias, plus étendues, alors qu'à partir de la quatrième séance le traitement vise les couches plus profondes et les structures centrales du corps. Les trois dernières séances sont ensuite destinées à intégrer les structures et schémas de mouvement modifiés.

Le Rolfing a essentiellement un caractère préventif. Les mauvaises postures peuvent être corrigées précocement et certaines tensions pathologiques éliminées.

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Manipulation fasciale (selon Stecco)

Comme de nombreuses thérapies fasciales, la manipulation fasciale est une forme de fasciathérapie manuelle. Elle considère les fascias comme une unité agissant comme un réseau tridimensionnel dans le corps. Des changements de tension à un endroit peuvent ainsi provoquer des douleurs à un autre endroit du corps.

Dans la manipulation fasciale selon Stecco, les points clés du corps liés à la zone de perception de la douleur sont localisés et traités avec des techniques spécifiques. Ils se trouvent généralement dans le fascia profond, loin de la zone dans laquelle est perçue la douleur. Le traitement permet une liquéfaction du fluide gélatineux dans le fascia et donc une régulation de la tension myofasciale le long de la voie concernée.

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Le modèle de distorsion des fascias

Le modèle de distorsion des fascias a été développé par le médecin urgentiste et ostéopathe Stephen Typaldos. Pour lui, les blessures et les douleurs sont dues à six distorsions spécifiques des fascias. Une ou plusieurs d'entre elles sont décelées et déterminées par le thérapeute, principalement grâce au choix des mots et au langage corporel du patient lorsqu'il décrit son problème :

  • Bandes trigger
  • Distorsions de continuité
  • Hernies fasciales
  • Distorsions du cylindre
  • Distorsions du pliage
  • Fixations tectoniques

S'ensuit le traitement thérapeutique des fascias. Les exercices du patient favorisent ensuite le processus d'autorégulation. Le modèle de distorsion des fascias est surtout appliqué pour les troubles musculaires et fasciaux ainsi que les douleurs tendineuses et squelettiques.

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Massage du tissu conjonctif

Le massage du tissu conjonctif a fait son apparition dès 1929 et peut donc être considéré comme l'une des premières fasciathérapies. Il s'agit d'un massage particulier basé sur les zones réflexes. Des techniques spéciales visant à influer sur la peau, l'hypoderme et les fascias permettent de déclencher un arc réflexe cuti-viscéral (cutis = peau ; viscéral = viscères) entre la peau, les organes internes et l'appareil locomoteur. Les troubles qui y sont localisés peuvent alors être résolus en normalisant le tonus du tissu conjonctif. La première réaction est une amélioration de la circulation sanguine dans la zone traitée.

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Acupuncture

L'acupuncture fait partie de la méthode de guérison traditionnelle chinoise et a déjà plus de 2000 ans. Au centre de cette thérapie se trouve l'idée d'une force vitale qui circule en nous, le Qi.

Certains points des canaux énergétiques du corps (méridiens) peuvent être stimulés grâce à de fines aiguilles (aku = aiguille) piquées dans la peau et la couche superficielle des fascias (punktio = piquer). Les aiguilles restent en place pendant environ 30 minutes afin d'harmoniser le flux d'énergie entre les méridiens et d'influencer positivement les fonctions du corps qui en dépendent. Certains effets peuvent être intensifiés par la rotation, le déplacement de haut en bas ou le chauffage des aiguilles.

Comme on sait aujourd'hui que les points méridiens importants coïncident avec des intersections du réseau des fascias, on suppose aussi un
lien dans le mode d'action. On évoque également une libération accrue d'hormones analgésiques. Des études ont montré un soulagement significatif de la douleur, notamment pour les maux de tête, les maux de dos et les douleurs articulaires.

Différentes formes d'acupuncture se sont développées au fil du temps :

  • L'ohracupuncture
  • L'acupuncture crânienne
  • L'acupuncture des mains et
  • l'acupuncture des pieds

Seules les zones concernées sont alors traitées. Mais les effets se font sentir dans tout l'organisme.

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La ventouse

La ventouse est l'une des plus anciennes fasciathérapies avec des accessoires déjà utilisés dans l'Égypte ancienne. C'est également un élément de la médecine traditionnelle chinoise, qui l'appelle Ba Guan.

Pour cette méthode de guérison alternative, des verres en forme de cloche sont placés sur la peau avec un vide d'air. Ce vide peut être créé en chauffant puis en refroidissant le verre ou (ce qui est plus courant aujourd'hui) grâce à une boule d'aspiration en caoutchouc. Le vide aspire la peau et le tissu conjonctif qui se trouve en dessous, stimulant la circulation, le flux lymphatique et le métabolisme de la peau et des fascias superficiels. La ventouse crée un hématome, le flux d'énergie est stimulé et la capacité d'autoguérison de l'organisme stimulée.

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Taping

Le taping thérapeutique est né au Japon et est principalement connu sous le nom de taping kinésiologique, ou "kinesio taping" pour faire court (du grec kinesis = mouvement). Il est souvent appliqué par des thérapeutes et des médecins en appui de la thérapie primaire en cas de troubles du système musculaire et fascial ou du système tendineux et squelettique. Il s'agit, par exemple, de blessures sportives, telles que des claquages ou déchirures musculaires, des irritations tendineuses ou des problèmes articulaires.

Comparé aux bandages de stabilisation, le Kinesio Tape est élastique. Collé, il permet de maintenir, voire d'améliorer, la mobilité. On note plutôt un effet lors d'un massage continu par le Kinesio Tape, qui soutient les processus de guérison du corps en cas de douleurs et stimule le métabolisme, la circulation sanguine, la lymphe et les nerfs. Le Tape que l'on sent sur la peau lorsqu'on bouge améliore en outre la perception du corps.

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Self-Myofascial Techniques

De nombreuses techniques issues des formes de thérapie décrites peuvent, après instructions détaillées d'un thérapeute, être exécutées, avec de légères modifications, par le patient lui-même. Elles font alors partie des "Self-Myofascial Techniques".

Elles ne nécessitent généralement aucun accessoire ou de petits accessoires seulement. Il peut, par exemple, s'agir de balles ou de rouleaux.

Les avantages des exercices que l'on peut effectuer seul sont évidents : le patient contribue lui-même au succès de la thérapie. Avec un peu d'expérience, on peut, en outre, remédier soi-même à des problèmes mineurs, sans avoir besoin de consulter un thérapeute ou un médecin.

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Qu'apporte la fasciathérapie?

La fasciathérapie entraîne souvent un soulagement immédiat des douleurs – elles diminuent et vous améliorez votre mobilité. L'idée fondamentale des différentes formes de traitement des fascias est la régulation les tensions non physiologiques du tissu fascial, qui peuvent affecter l'ensemble du corps et causer des problèmes à différents endroits. Les différents traitements des fascias sont, par exemple, employés avec succès en physiothérapie pour des problèmes nouveaux ou chroniques.

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