
Syndrome de la souris (syndrome RSI)

Vous connaissez ça : après une longue journée de travail devant l'ordinateur, vous avez mal à l'avant-bras, le poignet est raide ou vous ressentez de légers fourmillements dans les doigts ?
Il pourrait alors s’agir de ce qu’on appelle le « syndrome de la souris », également connu sous le nom de syndrome RSI (Repetitive Strain Injury). Cette affection insidieuse due à une sollicitation excessive résulte de mouvements répétitifs et unilatéraux, comme ceux effectués lors de l’utilisation de la souris et du clavier.
Ce qui commence par sembler anodin peut, en l’absence de mesures préventives, entraîner des douleurs persistantes et des limitations de mobilité. Dans cet article, vous découvrirez ce qu’est le « syndrome de la souris », comment il se développe, quels en sont les symptômes typiques et ce qui aide réellement à soulager et à prévenir ces troubles – des exercices simples aux conseils ergonomiques pour votre poste de travail.

Le « syndrome de la souris » – Symptômes et distinction
Le « syndrome de la souris », appelé en médecine « syndrome des microtraumatismesrépétés » (RSI, Repetitive Strain Injury), est un trouble chronique lié à une sollicitation excessive des muscles, des fascias, des tendons et des nerfs, notamment au niveau de la main, de l’avant-bras, du coude et de l’épaule. Il résulte de mouvements répétitifs et monotones, comme cliquer, taper ou faire défiler l’écran sur un ordinateur ou un téléphone portable. Ces micro-sollicitations constantes entraînent des micro-lésions dans les tissus, qui peuvent évoluer au fil des semaines ou des mois vers des troubles douloureux.
Le syndrome des TMS est un terme générique désignant différentes formes de surmenage liées à des activités monotones. Le « bras de souris » en est la variante la plus connue et touche principalement les personnes qui travaillent quotidiennement de nombreuses heures devant un écran.
Caractéristiques typiques du « syndrome de la souris » :
- Évolution lente: les troubles apparaissent progressivement, souvent seulement après plusieurs mois de travail intensif devant un écran.
- Symptômes variés: douleurs, fourmillements, sensations de tension ou perte de force dans le bras concerné. La main est parfois également touchée.
- Cause: sollicitation répétitive sans pauses suffisantes ni soutien ergonomique.
Différenciation par rapport à des tableaux cliniques similaires :
- Tendinite :
→ survient généralement de manière soudaine et localisée ; elle résulte d’une irritation aiguë de tendons isolés. - Syndrome de la souris / syndrome des TMS :
→ se développe lentement et de manière systémique ; touche plusieurs structures simultanément. - « Bras d’ordinateur » / « maladie des secrétaires » :
→ il ne s’agit pas d’un terme médical, mais d’une appellation courante désignant la même surmenage.
Le « syndrome de la souris » n’est pas une lésion isolée, mais le résultat d’une mauvaise utilisation ou d’une sollicitation excessive prolongée. Si l’on intervient tôt – par exemple par des exercices ciblés, un repos et des adaptations ergonomiques –, il est souvent possible d’enrayer efficacement son évolution.

Causes et facteurs de risque : comment apparaît le « bras de souris » ?
Le syndrome de la souris apparaît lorsque les muscles, les tendons et les nerfs sont surmenés pendant une longue période par des mouvements monotones et des postures statiques. Les personnes qui travaillent de nombreuses heures par jour avec une souris et un clavier – par exemple au bureau, en télétravail ou en jouant à des jeux vidéo – sont particulièrement exposées. C’est ce qu’a également confirmé une étude réalisée en 2024. La répétition constante de petits mouvements entraîne des microtraumatismes dans les tissus, qui peuvent déclencher des processus inflammatoires, des troubles circulatoires et des déséquilibres neuromusculaires.
Aperçu des principales causes :
- Mouvements répétitifs des muscles de la main et des doigts (par exemple, cliquer, faire défiler, taper)
- Travail statique devant l’ordinateur – par exemple, un poignet constamment fléchi
- Une ergonomie inadaptée: souris placée trop haut, hauteur de table incorrecte ou manque de soutien
- Manque de pauses et d’activité physique compensatoire, ce qui accentue la fatigue musculaire
- Selon des études,des facteurs psychosociaux tels que le stress ou une charge de travail élevée peuvent également accroître la tension musculaire.
Une étude récente montre que les troubles musculo-squelettiques (TMS) tels que le « syndrome de la souris » doivent de plus en plus être considérés comme des troubles multifactoriels : non seulement les contraintes physiques, mais aussi la sensibilisation neuronale et les déséquilibres biomécaniques jouent un rôle. Cela signifie que plus la contrainte persiste sans mesures correctives, plus la mémoire de la douleur s’ancre profondément – même si la cause initiale s’est déjà atténuée.
Facteurs de risque au quotidien :
- Travailler longtemps sans faire de pauses pour bouger
- Sollicitation unilatérale de la main dominante
- Utilisation d’équipements non ergonomiques
- Forte pression temporelle ou tension mentale
- Absence de récupération et d'étirements après le travail
Le syndrome de la souris ne se développe pas « du jour au lendemain », mais résulte de micro-sollicitations répétées. Une bonne ergonomie du poste de travail, des pauses régulières pour bouger et des exercices de compensation ciblés constituent les moyens les plus efficaces pour briser le cercle vicieux de la surcharge et de la douleur.

Symptômes du syndrome de la souris
Les symptômes du syndrome de la souris (syndrome RSI) se développent généralement de manière insidieuse. Au début, on ne ressent que des sensations de tension occasionnelles ou de légères douleurs après de longues périodes passées devant l'ordinateur ; avec le temps, celles-ci peuvent évoluer vers des troubles chroniques qui limitent considérablement la vie quotidienne et la capacité de travail.
Généralement, les douleurs ne proviennent pas d’une articulation en particulier, mais s’étendent le long de la main, de l’avant-bras, du coude, de l’épaule et de la nuque. Les symptômes sont étroitement liés à la durée et à l’intensité de la sollicitation.
Symptômes fréquents du « syndrome de la souris » :
- Douleurs ou sensations de brûlure au niveau du poignet, de l’avant-bras ou du coude
- Fourmillements et engourdissements dans les doigts ou la paume de la main
- Raideur ou mobilité réduite, notamment le matin ou après des périodes de repos
- Sensation de faiblesse ou perte de force lors de la préhension ou du maintien d’objets
- Tensions au niveau de la nuque et des épaules dues à de mauvaises postures ou à des postures de compensation
- Fatigue croissante lors des activités quotidiennes à l'ordinateur
- Douleurs lancinantes dans le bras au repos
- Douleur lancinante allant de l’épaule jusqu’aux doigts
À long terme, une sollicitation excessive et prolongée peut entraîner des réactions inflammatoires, un épaississement des gaines tendineuses et une sensibilisation du système nerveux. Ces modifications font que même de faibles sollicitations provoquent alors des douleurs intenses (Bongers et al., 2024).
Tableau : Symptômes typiques et régions touchées

Il vaut mieux réagir tôt
Plus tu repères tôt les signes avant-coureurs, mieux tu pourras traiter le syndrome de la souris. Des pauses régulières, des exercices d'étirement et des adaptations ergonomiques peuvent enrayer la progression de la maladie et réduire durablement la douleur. Si tu ignores les symptômes, il existe un risque avéré que cette affection évolue vers un trouble chronique d'irritation ou de douleur.
Exercices contre le syndrome de la souris
Une activité physique régulière est la mesure la plus importante pour soulager durablement les douleurs liées au syndrome de la souris. Dans notre vidéo, notre Master Trainer Stefan te montre des exercices simples mais efficaces pour te débarrasser au plus vite de ce syndrome.
Tout ce dont tu as besoin, c’est d’un BLACKROLL MINI, éventuellement d’un BLACKROLL TRIGGER, et d’un livre.
Ces exercices pour les avant-bras soulagent non seulement les douleurs aiguës, mais ont également un effet préventif.
Les meilleurs exercices pour le bureau
Diagnostic et traitement du syndrome de la souris
Le diagnostic du syndrome de la souris (syndrome RSI) repose généralement sur les symptômes typiques et un examen physique approfondi. Les médecins ou kinésithérapeutes évaluent la mobilité, les points douloureux, la tension musculaire et, le cas échéant, la conductivité nerveuse. Les examens tels que l'échographie ou l'IRM ne sont utilisés que pour exclure d'autres pathologies, telles que des ruptures tendineuses ou des inflammations.
Traitement médical et kinésithérapie

Conseils pour le quotidien

Santé et ergonomie au travail
Conseils ergonomiques pour le lieu de travail et la vie quotidienne
Le meilleur traitement contre le syndrome de la souris, c’est la prévention. Un aménagement ergonomique du poste de travail peut réduire considérablement la sollicitation des muscles, des tendons et des nerfs. Veille à ce que ta chaise, ton écran et la position de tes mains soient parfaitement adaptés les uns aux autres :
- Position assise : asseyez-vous droit, les épaules détendues, avec un angle d'environ 90° (ou légèrement supérieur) au niveau des hanches et des genoux.
- Position de la souris et du clavier : les avant-bras reposent sans tension, les coudes sont parallèles au plan de travail ou légèrement plus hauts que celui-ci, les poignets restent droits – évitez de les plier de manière prolongée.
- Environnement de travail : place la souris et le clavier près de ton corps et à la même hauteur pour éviter toute extension excessive.
Des accessoires ergonomiques tels qu’une souris verticale, des repose-poignets ou des tables réglables en hauteur peuvent réduire encore davantage la sollicitation. En combinant tout cela avec des pauses régulières pour bouger, vous pouvez vous protéger efficacement contre les surmenages et prévenir le syndrome de la souris.
Ergonomie au travail : ce qu’il faut retenir
Des études montrent depuis longtemps que la prévention ergonomique est la protection la plus efficace contre les troubles musculaires et tendineux liés au travail. Changer régulièrement de posture, aménager correctement son poste de travail et faire des pauses de manière consciente peuvent réduire considérablement la fréquence des troubles musculo-squelettiques.
Conclusion
Le « syndrome de la souris » montre à quel point notre corps réagit subtilement à un déséquilibre entre tension et relâchement. Il s’agit moins d’une maladie que d’un signal qui nous rappelle les limites du travail moderne sur écran. Les douleurs au bras ou au poignet apparaissent là où le mouvement fait défaut – et là où la routine a pris le pas sur la pleine conscience.
Celui qui apprend à considérer ces signaux d’alerte non pas comme des perturbations, mais comme des invitations, peut travailler de manière plus durable et mener une vie plus saine. L’ergonomie, les pauses et le mouvement conscient ne sont pas un « plus », mais font partie intégrante d’une culture qui allie performance et régénération. Car la véritable productivité ne naît pas d’une sollicitation permanente, mais d’une alternance rythmée entre concentration et détente, entre tension et lâcher-prise.
FAQ : Questions fréquentes
Une sursollicitation des muscles, des fascias, des tendons et des nerfs causée par des mouvements répétitifs, généralement lors de l'utilisation d'une souris ou d'un clavier.
On observe généralement des douleurs, des fourmillements, une raideur ou une perte de force dans la main, l'avant-bras ou l'épaule.
Par la kinésithérapie, la mise au repos, l'application de chaleur et des exercices ciblés. Également par des adaptations ergonomiques du poste de travail. Dans les cas graves, des traitements médicaux peuvent s'avérer utiles.
Des exercices d'étirement et de mobilisation en douceur pour la main, l'avant-bras et l'épaule – de préférence plusieurs fois par jour.
En adoptant une posture ergonomique, en faisant des pauses et en bougeant. Une souris verticale ou un bureau réglable en hauteur permettent également de soulager la tension.
Les symptômes légers s'atténuent souvent au bout de quelques jours ou semaines, tandis que les formes chroniques nécessitent plus de patience et un traitement.
Si les douleurs ne s'atténuent pas au bout de deux à trois semaines malgré des périodes de repos ou des exercices, ou si elles s'aggravent.
Autres articles
Sources et études
Aggarwal, R., Singh, P., & Kumar, A. Troubles musculo-squelettiques liés au travail et microtraumatismes répétés : revue des mécanismes et des stratégies de prise en charge. ScienceDirect. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003687024000619
Bongers, P. M., IJmker, S., Blatter, B. M., & van den Heuvel, S. G. Facteurs psychosociaux liés au travail et troubles musculo-squelettiques : une revue systématique actualisée. SAGE Journals. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/10519815251351849
Porges, S. W., & Johnson, K. Adaptation neuromusculaire et rétroaction sensorielle dans les modèles de lésions dues à des efforts répétitifs. Journal of Neonatal Surgery. https://jneonatalsurg.com/index.php/jns/article/view/2841
Hagberg, M., Silverstein, B., Wells, R., Smith, M. J., Hendrick, H. W., Carayon, P., & Perusse, M.
Troubles musculo-squelettiques liés au travail (TMS) : un ouvrage de référence pour la prévention.
Institut national pour la sécurité et la santé au travail (NIOSH).
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12827995/























