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Sport et sommeil : aperçu de toutes les interactions

publié par Dr Lutz Graumann dans Sommeil sur 18/09/2020 - mis à jour à 23/06/2026
Lutz Graumann
Dr Lutz Graumann

Le sommeil est tout aussi important pour les sportifs que l'entraînement et l'alimentation. Une bonne nuit de sommeil permet de récupérer plus rapidement, de développer davantage sa masse musculaire et de réduire le risque de blessure. Ignorer un mauvais sommeil pendant des semaines entraîne une baisse mesurable des performances, quelle que soit l'intensité de l'entraînement. Cet article explique comment le sport et le sommeil s'influencent mutuellement, quels sont les horaires d'entraînement les plus efficaces et pourquoi la qualité du sommeil est plus importante que sa durée.

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Impact du sommeil sur le sport

C’est pendant le sommeil que notre corps se régénère. L’hormone somatotropine joue ici un rôle décisif. Elle est non seulement responsable de la croissance en taille, mais aussi de toute une série de fonctions métaboliques. En tant qu’hormone anabolique, elle favorise le développement musculaire – en particulier après des séances d’entraînement intenses, lorsque les fibres musculaires sollicitées doivent être réparées.

Les hormones de croissance sécrétées pendant le sommeil favorisent également la biosynthèse des protéines. Un sommeil suffisant et de bonne qualité est essentiel à la régénération cellulaire – et donc à la récupération après l’entraînement.

Le manque de sommeil entraîne une sécrétion hormonale insuffisante, ce qui limite les performances maximales le lendemain. Les sportifs ont besoin de plus de sommeil que les personnes modérément actives, principalement en raison des processus de régénération nocturnes.

« Une pratique sportive régulière et modérée favorise le sommeil et soutient la régénération nocturne. Il est important de trouver le bon équilibre et le moment optimal pour les activités sportives afin de maximiser la qualité du sommeil et de favoriser la récupération physique. »

Dr Fabian Krapf, expert du sommeil

Dr Fabian Krapf

La qualité du sommeil plutôt que la durée du sommeil

Dans le sport, ce n’est pas la durée du sommeil qui compte, mais sa profondeur. Anna West, coach en performance du sommeil dans le football professionnel, renverse le discours classique sur le sommeil : plutôt que de maximiser le nombre d’heures, l’important est la qualité de chaque nuit. Son cadre de référence : l’analogie avec un compte bancaire.

« Si tu retires constamment de l’argent sans rien déposer, ton compte finira par se vider. C’est ainsi que fonctionne le sommeil dans le sport — et aussi dans la vie quotidienne. » — Anna West, coach en

Performance

Anna West, coach en performance du sommeil

Anna West

La durée du sommeil n’est qu’une partie de l’équation. La proportion de sommeil profond, la proportion de sommeil paradoxal et la régularité sont les trois autres facteurs qui déterminent une véritable récupération. Une implication pratique en découle : deux nuits courtes mais de grande qualité peuvent surpasser, en termes de performances, quatre longues nuits mal structurées.

Le lien avec la pratique sportive est clair : plus l’entraînement est intense, plus le besoin de récupération est important. Ceux qui tentent de combler ce besoin uniquement par la durée – et non par la qualité – ne gèrent pas correctement leur corps. Dans le sport de haut niveau, où les déplacements, les horaires tardifs et les calendriers chargés limitent régulièrement la durée du sommeil, l’optimisation de la qualité n’est pas une théorie : c’est la seule stratégie réaliste.

Concrètement, cela signifie que l’environnement de sommeil, la routine d’endormissement, l’hydratation et la gestion de la lumière deviennent des variables de performance – au même titre que la musculation ou l’alimentation.

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Faire du sport avant de dormir : le bon moment

Quel est le bon moment pour faire du sport avant de se coucher ? Selon l'état actuel des connaissances scientifiques, il n'existe pas de moment de la journée universellement considéré comme le meilleur pour s'entraîner. Le moment optimal dépend probablement de facteurs tels que le type de sommeil, l'âge et l'état de santé.

Une étude a montré que le sport en soirée influence davantage la qualité du sommeil chez les « alouettes » (lève-tôt) que chez les « hiboux » (noctambules).

Des recherches ont révélé que la pratique d’une activité physique en soirée, d’intensité légère à modérée, n’a pas d’effet négatif sur le sommeil, à condition que l’entraînement se termine au moins 90 minutes avant le coucher. Cela laisse ainsi suffisamment de temps pour que la fréquence cardiaque, le taux d’endorphines et la température corporelle centrale puissent redescendre à un niveau propice au sommeil.
C’est le principe le plus important à respecter lorsqu’il s’agit de choisir le moment de faire du sport. Pose-toi donc la question suivante : ai-je encore suffisamment de temps après l’entraînement pour que mon niveau d’excitation physique puisse revenir à la normale ?

Plus l’entraînement est intense, plus ton corps a besoin de temps pour « se calmer ». Il n’est donc pas possible de donner une règle générale indiquant à partir de quelle heure tu ne devrais plus faire de sport le soir. Cela dépend plutôt du type d’activité. S’il s’agit simplement d’une séance de yoga douce, tu peux généralement la faire jusqu’à 30 minutes avant d’aller te coucher. En revanche, pour un entraînement HIIT qui te fait vraiment transpirer, tu devrais laisser un peu plus de temps à ton corps pour récupérer. À titre indicatif, les experts conseillent d’arrêter la séance d’entraînement intense au moins trois, voire quatre heures avant de t’endormir. Les hommes comme les femmes peuvent être gênés pendant leur sommeil par une forte transpiration au niveau du torse.

Dans l’idéal, il vaut donc mieux programmer tes séances de sport intenses le matin, en début de matinée ou en début d’après-midi.

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Puis-je faire du sport la nuit ?

Un effort physique modéré peut même avoir un effet similaire à celui du sommeil : l'activité physique aide à évacuer les tensions physiques et mentales. En revanche, les séances très intenses perturbent l'organisme. Il n'y a donc en principe aucun inconvénient à faire du sport la nuit, à condition que l'intensité soit adaptée.

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Quel entraînement faire avant de se coucher ?

Tous les types d’entraînement n’ont pas le même effet sur ton sommeil. Si tu aimes faire de l’exercice le soir, tu devrais privilégier une activité qui ne sollicite pas trop ton corps. Si tu choisis de t’entraîner avant de te coucher, opte pour une intensité légère à modérée. L’idéal est bien sûr de terminer ta séance 60 à 90 minutes avant d’aller te coucher.

Voici quelques activités légères à modérées qui conviennent :

  • Une promenade
  • Une balade à vélo tranquille
  • De la musculation légère au poids du corps
  • Le yoga
  • Des étirements

Il existe également des séances d'entraînement spécialement conçues pour être pratiquées juste avant d'aller se coucher. L'objectif de ces séances n'est toutefois pas la croissance musculaire ni l'amélioration de l'endurance, mais plutôt la relaxation de votre système nerveux. Elles combinent des exercices doux et des techniques de respiration pour évacuer le stress et les tensions.

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Il existe des exercices qui t'aident même à t'endormir et favorisent un sommeil réparateur. Essaie-les !

Il faut éviter les entraînements intenses dans les heures qui précèdent le coucher. Ces efforts physiques intenses stimulent la partie active de notre système nerveux, ce qui rend l'endormissement plus difficile.

Les séances intensives à éviter sont :

  • Entraînement HIIT
  • Le jogging
  • Saut à la corde
  • Soulever des poids lourds
  • La plupart des sports d'équipe
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Troubles du sommeil après le sport — et comment l'hydratation peut aider

Les efforts physiques intenses déséquilibrent le système nerveux autonome. Le système sympathique – responsable des réactions de « combat ou fuite » – reste hyperactif. L’équilibre se rétablit de lui-même, mais cela prend du temps. Ceux qui s'entraînent trop tard ou de manière trop intense ne parviennent pas à se détendre à temps et ont du mal à trouver le sommeil, même après une longue période de repos. Il vaut donc mieux éviter les entraînements intenses en fin de soirée afin d'échapper à ces problèmes de sommeil après le sport.

Un facteur souvent sous-estimé : l’hydratation. Se coucher déshydraté après l’entraînement entrave la production de mélatonine par l’organisme – le signal le plus important pour le début du sommeil.

En principe, cependant, la « récupération » après toute forme d’activité physique peut être favorisée par une phase de récupération adaptée. Une séance de stretching en douceur ou un entraînement avec un rouleau de fasciathérapie constituent ici des options idéales.

« L’hydratation est un outil favorisant le sommeil que peu de gens comprennent. Une personne déshydratée bloque sa propre production de mélatonine. »

— Anna West, coach en performance du sommeil

La déshydratation augmente la tension artérielle et le pouls – deux facteurs qui signalent au cerveau que le corps n’est pas encore prêt à dormir. Une mesure simple : s’hydrater immédiatement après l’entraînement et boire suffisamment le soir également. La prise d’électrolytes permet de compenser la perte de minéraux due à la transpiration.

Besoins en sommeil chez les adolescents pratiquant une activité sportive

Les personnes qui pratiquent régulièrement un sport sollicitent davantage leur corps et, par conséquent, ont des besoins de récupération plus importants. Chez les adolescents en pleine croissance notamment, un sommeil suffisant joue un rôle décisif pour les performances, le développement musculaire et la récupération. Si ce besoin est sous-estimé, cela peut rapidement se traduire par de la fatigue, une baisse des performances ou une plus grande vulnérabilité aux blessures. C’est pourquoi il est important d’évaluer de manière réaliste les besoins individuels en sommeil. Tu trouveras ici un aperçu des besoins en sommeil d’un adolescent de 15 ou 16 ans.

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Résumé : sport et sommeil 

Le sport et le sommeil sont étroitement liés. Un bon sommeil après l'effort favorise les performances sportives, réduit le risque de blessure et favorise le développement musculaire. Mais le sommeil n'est pas une pause passive : c'est un outil de performance actif, dont on peut optimiser les bienfaits grâce à la qualité, même si la durée est limitée.

Aperçu des points essentiels :

  • Terminer les séances intensives au moins 3 à 4 heures avant de se coucher
  • Se coucher en étant toujours bien hydraté : la déshydratation bloque la production de mélatonine
  • Les siestes énergisantes de moins de 30 minutes améliorent la qualité du sommeil sans empiéter sur le sommeil nocturne
  • La régularité du sommeil est souvent plus importante que sa durée totale
  • L'environnement de sommeil est un facteur déterminant : lumière, température, oreillers, qualité de l'air

Le mieux est de faire quelques essais pour trouver le programme d'entraînement qui te convient. Si tu suis ces conseils à la lettre, le sport aura un effet positif sur ta récupération, et inversement. Tu peux également opter pour des matelas adaptés aux sportifs afin d'optimiser la qualité de ton sommeil.

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Les points clés en bref : • Terminez vos séances intensives au moins 3 à 4 heures avant de vous coucher • Allez-vous coucher en étant bien hydraté – la déshydratation bloque la production de mélatonine • Les siestes énergisantes de moins de 30 minutes améliorent la qualité du sommeil sans empiéter sur la nuit • La régularité du sommeil est souvent plus importante que sa durée totale • L’environnement de sommeil est un facteur de performance : lumière, température, oreillers, qualité de l’air

Une activité physique régulière et modérée améliore la qualité du sommeil et réduit le temps nécessaire pour s'endormir. Les séances intensives en fin de soirée peuvent perturber le sommeil à court terme, car le système nerveux sympathique reste actif plus longtemps. Le moment optimal pour s'entraîner dépend du type d'activité, de l'âge et de l'intensité.
Le sommeil est tout aussi important que l'entraînement et l'alimentation. Il est prouvé qu'un manque de sommeil réduit le temps de réaction, la puissance, la coordination et la vitesse de récupération. Dormir moins de sept heures augmente également le risque de blessure.
On considère généralement qu’une durée de 7 à 9 heures est la norme, à adapter en fonction de chaque individu. La régularité est plus importante que le nombre d’heures : dormir chaque jour environ le même nombre d’heures et à la même heure stabilise le rythme circadien et améliore l’architecture du sommeil.
Dans le sport professionnel, les deux comptent. Anna West, qui travaille avec des clubs de football internationaux et des joueurs de l'équipe nationale, privilégie la qualité – car les déplacements et les dates de compétition limitent souvent la durée du sommeil. Son approche : remplir les heures de sommeil restantes avec une proportion aussi élevée que possible de sommeil profond et de sommeil paradoxal, plutôt que de miser sur la durée, qui n'est pas toujours disponible.
Tout d’abord : l’acceptation. Le corps ne passe pas de 200 km/h à zéro dès qu’on appuie sur le frein. Si l’on veut se coucher directement après un match tardif, on bloque sa propre production de mélatonine en essayant de s’endormir rapidement – car le stress et la frustration provoquent la libération d’adrénaline et de cortisol. Mieux vaut opter pour une lumière tamisée, une douche chaude pour faire baisser la température corporelle centrale, une technique de respiration douce ou la lecture comme rituel de transition.
Oui, à condition qu’elle soit programmée au bon moment. Les siestes de moins de 30 minutes en début d’après-midi réduisent le besoin de sommeil pendant une période qui ne nuit pas au sommeil nocturne. Ceux qui ont eu un sommeil fragmenté après un match tardif (retour entre 2 h et 3 h du matin) peuvent plutôt rattraper un cycle de sommeil complet (≈ 90 minutes) dès que possible.

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Bibliographie

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